Projet de ferme coopérative en permaculture

L’idée serait d’acquérir collectivement des terres ou une ferme sur notre secteur, préférentiellement dans le cadre d’une transmission pour départ à la retraite d’un agriculteur. Cela permettrait d’avoir le temps de monter le projet en partenariat avec l’agriculteur concerné et avec les agriculteurs qui pourraient s’y installer en coopérative.
Nous pourrions constituer une coopérative de type SCIC, éventuellement sous forme de SCAEC (Société Coopérative Agricole d’Exploitation en Commun). La SCAEC permet à la fois de devenir collectivement propriétaires des lieux, en associant citoyens, agriculteurs et organisations partenaires comme « Terre de Liens » (http://www.terredeliens.org/), et d’organiser le fonctionnement et la gestion sous forme coopérative sur la même base que la SCIC Les Artisons (Biocoop de Firminy) http://www.lesartisons-coop.eu/ . Les agriculteurs associés seraient porteurs de parts sociales, salariés de la coopérative et dirigeants en gestion collective. Les autres associés seraient impliqués dans le soutien des projets de la coopérative et dans leur élaboration pour tout ce qui relève des orientations collectives.
Le statut de SCAEC a été institué en même temps que celui des GAEC mais n’a pas eu beaucoup de succès en agriculture. Il y a quelques SCAEC en France aujourd’hui. Dans les SCAEC, les terres, le bâti et le matériel ne sont pas le bien unique des agriculteurs qui y travaillent. Le patrimoine appartient à la coopérative. Le capital collectif est constitué des apports des associés, augmentés des bénéfices réinvestis et des réserves impartageables entre associés. Quand un agriculteur veut s’arrêter, il ne vend pas la ferme ou une partie. Il vend simplement ses parts sociales. Cela facilite grandement la transmission. En effet, les jeunes agriculteurs qui s’installent n’ont que rarement les moyens de racheter l’ensemble d’une ferme en activité. (Voir article ci-dessous)

Article Revue agricole Entraid’ juin 2012

Vincent est en effet un viticulteur un peu particulier. Il ne laissera pas ses terres à ses enfants, il n’a pas un arpent de vigne. Il ne vendra ni son tracteur, ni ses cuves : il ne possède rien de tout le matériel qu’il utilise ou du vin qu’il produit. Mais il ne vivra pas pour autant au crochet de ses enfants : la MSA lui versera sa retraite de salarié.
Pourtant, c’est un vrai viticulteur, qui taille la vigne, vendange, vinifie, embouteille, vend… Vincent Viard est vice-président de l’UJVR, société coopérative agricole d’exploitation en commun (Scaec). Comme sept de ses collègues, il est à la fois associé de la coopérative et salarié. « Le salarié qui veut devenir associé doit prouver aux autres qu’il y a un domaine où il excelle. La différence entre les deux statuts est que l’on sait que l’on peut compter sur l’associé à long terme. » Coopté par les associés, le nouvel entrant va voir son salaire augmenté. Il pourra ainsi souscrire en quelques années 20 000 de parts sociales, le même montant pour tous les associés. Le capital est aussi progressivement renforcé par l’affectation d’une part des résultats aux réserves impartageables. On ne cherche pas à valoriser le capital au départ en retraite, on vise à rémunérer le travail et à consolider les réserves impartageables.
SÉPARER LE CAPITAL DU TRAVAIL
Le capital reste donc exclusivement au service de l’entreprise et de son développement. Comme ils n’ont pas besoin de décapitaliser à chaque départ en retraite, les associés choisissent d’investir pour renforcer la coopérative. Et en viticulture, les besoins en investissement sont importants : la chaîne de filtration vaut un million d’euros. Parmi les premiers à être certifiés « agriculture raisonnée », l’UJVR s’engage dans la qualité et investit dans le développement durable. Un bâtiment de 700 m2 a poussé à côté de la cave et abrite sous un toit solaire de 36 kW, outre les tracteurs et le local phyto, une plateforme de lavage. Cette politique d’investissement permet aussi de privilégier les conditions de travail. « On est plutôt bien équipé par rapport aux autres. » Quand l’investissement est trop important, l’UJVR sait monter des partenariats. Bernard Pelissier, le président, gère la plateforme de dégorgement mobile de Crémant au sein du GIE monté avec les autres caves. « Le travail collectif, c’est une habitude pour nous », martèle Vincent qui, lui, ’occupe de magasins de vente directe de produits locaux.
AU SERVICE DU GROUPE
Les 15 salariés (7 ne sont donc pas associés) sont astreints à des horaires fixes (8 h-12h, 13h30-17h30), vendent le vin au caveau environ un dimanche par mois, et prennent 5 semaines de vacances par an, essentiellement en août quand la chaleur ralentit le cycle végétatif de la vigne. Chacun des associés est responsable du fonctionnement d’un secteur. Il organise le travail et fera remonter au conseil d’administration ses besoins en investissements. Cette spécialisation n’empêche pas la polyvalence. «On essaye de faire en sorte que chacun aille sur les secteurs des autres, rappelle Vincent. Moi qui suis responsable commercial, j’essaye d’emmener chacun de mes collègues au moins une fois par an sur un Salon. Et nous sommes tous viticulteurs, il n’y a pas un associé qui ne soit pas capable d’aller tailler la vigne. »
Horaires fixes et rotation sur les postes sont des outils au service de la cohésion du groupe : il faut prévenir les tensions qui ont pu exister par le passé, quand certains avaient l’impression d’en faire plus et ne comprenaient plus le travail des autres. Les horaires fixes facilitent également les rencontres informelles quotidiennes. « Au niveau humain, c’est délicat, il faut s’entendre », prévient Vincent « Mais c’est un modèle économique qui fonctionne très bien, notamment pour financer les investissements et le développement. C’est donc un modèle d’avenir.

Il s’agit donc de trouver d’une part des agriculteurs potentiellement intéressés pour préparer leur départ à la retraite avec nous, et des jeunes, ou moins jeunes, souhaitant s’installer en agriculture bio, intéressés par le projet de ferme coopérative en permaculture à gérer et faire fonctionner collectivement. Nous pourrions travailler sur la partie achat du foncier en partenariat avec Terre de Liens, pendant que les agriculteurs en devenir prépareraient la partie gestion agricole. Le projet pourrait être élaboré en partenariat avec le lycée agricole bio de Monravel à Villars.La formation à la permaculture pourrait être prévue avec l’école de la ferme du Bec Hellouin en Normandie http://www.fermedubec.com/. Des fermes fonctionnent en permaculture sur notre secteur et nous pourrions construire avec eux notre projet. L’objectif de développer la permaculture dans notre territoire, pour les jardins individuels, les projets de jardins partagés… serait important à développer.

Il est à noter que la foncière Terre de Liens connaît aujourd’hui quelques difficultés pour gérer les nombreux bâtiments agricoles et d’habitation dont elle est devenue propriétaire et qu’elle loue aux agriculteurs installés sur les terres lui appartenant. Ce type de montage où Terre de Liens ne serait propriétaire que de parts sociales intéresse donc tout particulièrement ses acteurs.