MUTATION COOPÉRATIVE

L’ensemble de l’activité et du développement humain semble aujourd’hui assujetti à la loi toute puissante du profit. L’enrichissement personnel est présenté comme seul moteur capable de soutenir la création d’entreprises, le progrès technologique, autant que l’organisation des services ou la gestion des biens communs. L’appât du gain et la suprématie du pouvoir financier sur le pouvoir politique à l’échelle mondiale mettent nos sociétés humaines en péril. Les crises économiques, financières, énergétiques et écologiques se succèdent et nous mènent à l’impasse.

Pourtant, des alternatives coopératives et associatives montrent que l’intérêt collectif, sans recherche de bénéfice financier, peut être tout aussi créateur d’initiatives sociales et économiques, avec une plus forte capacité à soutenir et développer le lien social, l’emploi, la dynamique participative, l’insertion des personnes en difficulté, l’engagement écologique, la relocalisation des échanges…

Sur le plan économique, les systèmes coopératifs sont reconnus plus résistants aux crises. Le principe d’une voix par associé, quelque soit sa part de capital, garanti leur non rachat par des structures qui voudraient s’approprier leur potentiel lucratif. La participation des salariés aux décisions collectives fait barrière aux délocalisations et assure une meilleure répartition des salaires. De manière spécifique, les SCIC (Sociétés Coopératives d’Intérêt Collectif) permettent d’associer les bénéficiaires ou consommateurs, les salariés et toute autre catégorie d’acteurs, producteurs, fournisseurs ou collectivités publiques, autour d’un projet commun d’utilité collective, sans recherche de profit individuel et avec équilibrage des pouvoirs entre différentes catégories d’associés. En refusant le profit des uns aux dépens des autres, elles génèrent des modes participatifs d’organisation et de gouvernance, avec partage des responsabilités, engagement commun pour le développement de l’activité et de son utilité sociale…

Ce modèle coopératif et participatif, d’intérêt collectif et sans finalité lucrative, pourrait être développé sous de multiples formes dans l’ensemble des structures économiques et sociales. Il peut permettre une réappropriation citoyenne de l’économie et de l’action sociale. Une telle mutation pourrait constituer une alternative globale et plurielle capable de supplanter le modèle économique actuel et devenir une voie d’avenir pour l’humanité.

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