Pour une monnaie coopérative nationale, complémentaire de l’Euro, avec possibilité de dissociation en cas de crise majeure

Cette monnaie nationale complémentaire permettrait de faire le lien entre l’ensemble des dispositifs évoqués précédemment, pour devenir le support emblématique de la transformation sociale, écologique et économique engagée. Le revenu inconditionnel complémentaire des droits et salaires attribué à chaque citoyen-ne, autant que les aides au développement des coopératives et des projets de transformation écologique et sociale mis en œuvre à l’échelle nationale, pourraient être versés en monnaie complémentaire. Elle pourrait devenir ainsi le support privilégié des échanges sur le territoire national dans la dynamique de transformation portée par le plus grand nombre à l’échelle du pays. Cette monnaie serait un atout fort de développement de la résilience collective, face un possible décrochage du système économique aujourd’hui dominant. Elle pourrait être un outil pertinent pour mettre en œuvre le protectionnisme solidaire défendu dans le programme « l’Avenir en commun ». Cette monnaie complémentaire de l’Euro pourrait être mise en fonction au sein du système de monnaie unique européenne. Elle permettrait ainsi de développer ce protectionnisme résilient en phase de renégociation des traités européens (plan A) tout en préparant une sortie possible de l’Union Européenne si besoin (Plan B). Comme pour le système de cotisations sociales étendu que nous défendons, nous souhaitons que cette monnaie soit gérée par une instance citoyenne et coopérative indépendante de l’État, afin d’en garantir la pérennité au-delà des alternances politiques.

Si cette monnaie devrait être mise en œuvre sous forme complémentaire à l’Euro, pour pouvoir se développer au sein de l’Union Européenne actuelle, il serait important d’envisager dés sa création les modalités pour un possible détachement de la valeur Euro, en cas de crises majeures, financières ou autres. Il nous semble que l’option de lier la valeur de la monnaie complémentaire à la valeur de base d’une heure de travail serait une manière judicieuse pour valoriser le travail par rapport aux investissements et aux richesses indépendantes de l’action humaine.

Concrètement, on peut noter qu’une telle monnaie nationale coopérative complémentaire de l’Euro, vecteurs de valeurs fortes et lien d’échange entre tous les projets économiques liés à la transition écologique, énergétique, alimentaire et citoyenne existe déjà et est en début de développement. Il s’agit du Coopek https://www.coopek.fr/

Beaucoup d’ouvrage étudient et développent la question des monnaies complémentaires.

Nous proposons deux références :

Une monnaie nationale complémentaire, Philippe Derudder André-Jacques Holbecq, éditions Yves Michel, février 2011

Bernard Lietaer, Au cœur de la monnaie. Systèmes monétaires, inconscient collectif, archétypes et tabous, éditions Yves Michel, septembre 2011