DU LOCAL AU GLOBAL

De telles perspectives sont bien éloignées de ce que nous nous sentons en capacité de faire et de construire aujourd’hui. Comment imaginer qu’un tel projet puisse être réalisable à court terme et à une telle échelle ?

Ne serait-il pas plus raisonnable de nous concentrer humblement sur ce que nous connaissons et savons faire, là où nous vivons ? La transformation nécessaire n’est-elle pas déjà en cours ? Pourquoi ne pas simplement l’accueillir et de lui faire confiance, en y participant à notre simple mesure ?

Ces questions sont pertinentes. Mais l’urgence climatique nous pousse à aller au delà et à oser penser une transformation plus volontariste et rapide, que l’humanité serait capable de mener à l’échelle de notre planète.

Les instances politiques et les instituions nationales et internationales semblent incapables de relever le défi. La majorité de nos concitoyens semble déconnectée de cette réalité qui devrait nous mobiliser tous, sans exception. Nos sociétés semblent en panne de projet capable de porter les espoirs au delà des visions à court terme, des peurs et des replis sur soi. Nos propres dépendances au pétrole et au nucléaire, comme nos profondes dépendances au système qui nous mène au chaos, nous paralysent. Nous sommes humains, à égalité avec les autres humains, en grande difficulté pour appréhender l’ampleur des transformations qu’il faudrait mettre en œuvre pour échapper au pire. La conscience de ce qui nous guette est assurément difficile à garder en éveil.

Pourtant, un sursaut s’impose.

Comment pourrions-nous expliquer demain à nos enfants que nous n’avons pas eu le courage de penser l’avenir, ni la force de vouloir changer de système ? Comment leur dire que tout ce que nous imaginions nous semblait impossible à atteindre ? Comment leur avouer que nous avons préféré rester les tristes acteurs et spectateurs de notre propre naufrage ?

A travers ce livre, nous avons rêvé de ce que les humains pourraient inventer et construire pour pouvoir vivre demain, plus heureux que ce qui nous est promis. Nous avons besoin de cette promesse et de ce possible espoir pour nous donner l’élan et la force d’affronter la puissance du système qui nous écrase, et peut être de tenter l’impossible.

Oui, nous pouvons agir localement sans nécessairement rattacher nos actions à un projet plus large, global ou international. Mais le fait « d’agir local en pensant global » nous donne l’énergie nécessaire pour dépasser nos peurs, nos doutes et nos manques d’espérance.

C’est dans cette dynamique que nous choisissons de passer aux ACTES.